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D’excellents voisins

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Prêté par Line,  une amie grande dévoreuse de pages D’excellents voisins est un roman de Saskia Noort, auteure néerlandais qui signe là son troisième livre.

L’histoire commence par la découverte de quatre corps couverts de sang dans un bungalow. Mis au parfum dès les premières pages, le lecteur va remonter le cours de l’histoire racontée alternativement à travers le point de vue de Peter et Eva.

Ce jeune couple vient de perdre son bébé et le couple qui a passé des années à essayer d’être parents est au bord de la rupture. Ils emménagent sans joie dans la maison qui devait être celle de leur famille et rencontrent leurs nouveaux voisins, un jeune couple avec bébé avec lesquels, contre toute attente, ils vont sympathiser.

Au contact de sa voisine Rebecca,  Eva semble sentir à nouveau l’envie de vivre tandis que Peter est ravi d’avoir trouvé un ami en Steef.  L’ambiguïté s’installe et ces quatre voisins finissent par s’échanger au cours d’une soirée qui va tout déséquilibrer. Peter est stérile, Steef est séduisant et fertile ; les deux femmes décident qu’Eva couchera avec Steef pour tomber enceinte.

Le désir d’enfant, le désir tout court, la détermination d’Eva à être mère à tout prix vont s’opposer à la jalousie proche de la folie de Peter jusqu’au drame.

On connaît la fin, on découvre surtout de beaux personnages, particulièrement Eva qui ne peut renoncer à son désir d’être mère. Chacun a sa part de folie et d’irrationnel, le couple de voisins flamboyants cache lui aussi des secrets et tout ça les mène à une fin tragique.

Très agréable à lire, ce roman se lit vite rythmé par l’alternance des récits de Peter et Eva.

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Le dieu de New York

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Je viens de finir Le dieu de New York de Lyndsay Faye, découvert au hasard d’un furetage en librairie. D’abord attirée par la couverture du livre qui me rappelait celle de L’Aliéniste de Caleb Carr, je me suis laissée tenter par l’histoire de Timothy Wilde, jeune barman qui devient un des premiers policiers de New York en 1845.

Au cours d’une de ses rondes, Timothy Wilde tombe sur une petite fille couverte de sang qui fuit un homme qui découpe les enfants. C’est le début de l’enquête pour Wilde dans un New York où s’affrontent les natifs et les Irlandais, ces nègres blancs, catholiques et miséreux.

Les cadavres des jeunes enfants que Wilde va découvrir sont ceux de jeunes catholiques irlandais prostitués, jeunes rivettes dont la disparition émeut peu de monde mais qui peut rendre encore plus tendue la vie dans les quartiers les plus pauvres.

Opposition entre natifs et Irlandais qui arrivent massivement pour fuir la famine, opposition entre catholiques et protestants, création de la NYPD, poids du parti démocrate aux liens étroits avec la police, outre ce contexte historique passionnant, le roman se distingue par l’utilisation d’un argot dont certains termes sont toujours utilisés. Le lexique en fin de roman livre une part des mots utilisés par l’auteur, en version française, de quoi enrichir son vocabulaire de façon colorée.

Ce roman aura une suite, une bonne nouvelle car en un roman le personnage de Timothy Wilde devient attachant et la peinture de cette période historique est passionnante.

Les heures souterraines

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Les Heures souterraines est un roman de Delphine de Vigan, auteure également du magnifique Rien ne s’oppose à la nuit.

C’est l’histoire de Mathilde et Thibault dont on suit les vies en parallèle. Elle, adjointe du responsable marketing d’un grand groupe agro-alimentaire, lui médecin urgentiste. Lui croise les souffrances humaines ; elle est en proie à ces mêmes souffrances alors que son chef a décidé de la détruire et petit à petit lui retire ce qui fait l’essence de son travail.

Dans les commentaires en dos du livre on lit que Delphine de Vigan met en scène ses personnages « avec tendresse et légèreté ». La tendresse c’est à mon sens l’attention donnée aux personnages, la précision de la langue qui décrit avec une économie de mots la violence quotidienne que subit Mathilde. Cette langue précise mais jamais sèche crée une légère distance dont se dégage une empathie pour ces personnages.

Par contre je ne comprends pas la mention de légèreté. Peut-être est-ce l’absence de pathos qui donne un sentiment de légèreté ? Lire ce roman en plein été où se combinent chaleur et soleil n’apporte pas de légèreté, non au contraire cela ne fait que souligner l’horreur de ce que vit Mathilde.

Ces deux personnages ne feront que se croiser furtivement, prisonniers l’un et l’autre de leur vie, de leur quotidien oppressant fait de contraintes, comme les embouteillages, les trains en retard et les quais bondés.

On quitte Mathilde avec regret et avec une envie très forte de sortir, de respirer et de lâcher prise pour quelques instants pour reprendre le cours de sa vie.

Qu’est-ce qui t’arrive Douglas ?

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Douglas Kennedy est un auteur que je lis régulièrement, grand pourvoyeur de best-sellers aux histoires rondement menées et aux portraits de femmes bien dessinés.

Et là, badaboum, coup sur coup « rien ne va plus » (pour citer un de ses romans, quelle finesse d’esprit n’est-ce pas ?).

J’ai ramé pour aller au bout de « Cet instant-là ». Je ne sais pas si je suis devenue aussi dure qu’un diamant de chez Tiffany mais j’ai trouvé que tout ce qui avait trait à l’histoire d’amour entre Thomas l’Américain et Petra, l’Allemande-de-l’est-passée-à-l’ouest était particulièrement cucul dit-elle « d’une voix rauque de désir », ouais c’est de ce niveau.

L’histoire n’est intéressante que dans la description flippante de la vie en Allemagne de l’Est en 1984, soit 5 ans avant la chute du mur où l’atmosphère est digne des pires années de la Guerre Froide. « Cet instant-là » est autant l’instant de leur rencontre que celui de la fin de leur histoire d’amour, tragique forcément.

Thomas n’apprend d’ailleurs qu’aujourd’hui ce qui s’est passé dans la vie de Petra, il est trop tard, il ne l’a pas crue, n’en parlons plus.

Autre déception, « La Femme du Ve » qui à mon sens tient du grotesque. Cette fois le héros est à Paris.

Conclusion : lisez plutôt « La poursuite du bonheur » ou « Les charmes discrets de la vie conjugale » où les héroïnes voient leurs (petites) histoires se mêler à la grande histoire américaine et leur échapper.