Archives pour la catégorie L’as-tu lu ?

Petites critiques des livres que j’ai lus, récents ou pas ; que j’ai aimés ou pas ; qui m’ont marquée ou qui ont simplement rempli leur mission de distraction. Pas de barrières, ni de préjugés.

Wonder RJ Pallacio

(This is a) Wonder

Wonder RJ Pallacio

Le petit plaisir de toute aventure en pays britannique c’est à chaque fois le passage obligé dans une librairie. Les paperback, les livres de poche quoi, ont le plus souvent une couverture très attractive et me voilà donc à chaque fois passant de table en table, l’oeil attiré par une couverture colorée et graphique, prête à plonger tête la première et lunettes sur le nez dans une nouvelle histoire.

Une des dernières découvertes est Wonder de R.J. Palacio. L’histoire d’un jeune garçon, né avec de multiples malformations au visage qui va entrer au collège. Comme il le dit lui-même, « Je ne vais pas me décrire. Quoi que vous imaginiez, c’est probablement pire ». Pas mal pour un point de départ.

On suit donc Auguste pendant son année scolaire, au travers de chacun des personnages qui font son monde : sa soeur, son pote jack, sa meilleure amie, le petit copain de sa soeur. On suit son arrivée à l’école, la difficulté de s’y faire des amis, le soutien inconditionnel des parents, l’amitié de Summer, la mise à l’écart et ensuite les amis qui font bloc. Tout ce qui fait une bonne histoire, avec des moments où les larmes montent plus vite que le temps qu’il ne faut pour écrire ces quelques mots.

Avec Nos étoiles contraires, voilà une deuxième histoire émouvante, avec à chaque fois des personnages attachants et suffisamment complexes pour que l’on ne sombre pas dans le mélodrame pathétique.

J’ai lu le livre en anglais plutôt rapidement ; le style est fluide et clair et ce qui me plait souvent avec les textes en anglais c’est cette façon d’aller droit au but, sans fioritures.

Laissez-vous emporter par ce petit Wonder, en V.O ou en français.

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dr sleep Stephen King

Dr Sleep : des nouvelles de Danny

dr sleep Stephen KingA la fin de Shining, on laissait Danny sain et sauf, avec sa mère et Dick le cuisinier, tous deux dans un sale état, ayant échappé à l’hôtel Overlook et à Jack, le père de Danny manipulé par le pouvoir destructeur de l’hôtel.

Stephen King raconte que des lecteurs lui demandaient régulièrement ce qu’était devenu ce petit gars. On l’avait quitté gamin, on le retrouve adulte et pas en très bon état dans Docteur Sleep. Il est devenu alcoolique, ne reste jamais très longtemps au même endroit. Il finit par se fixer dans le New Hampshire, travaille dans une maison de retraite et s’est inscrit aux Alcooliques Anonymes. Sa vie semble se stabiliser. Le don qui ne l’a jamais quitté,  il s’en sert pour accompagner les vieilles personnes dans leurs derniers instants, il est Docteur Sleep.

Au cours d’une réunion des AA, il écrit sur son carnet, sans y penser, Abra. Qui est-ce ? il ne le sait pas. Quelque temps plus tard sur son tableau apparait le mot « hello ». C’est Abra. Cette enfant est comme Danny, elle a le don, elle a le shining mais à une puissance nettement supérieure à celle de Danny. Tellement supérieure que son chemin va croiser celui du « Noeud vrai », un groupe de personnes qui tels des vampires se nourrissent de la vapeur, cette essence produite par les enfants-lumières lorsqu’ils meurent sous la torture de ces Vrais.

Abra a « vu » les Vrais torturer un jeune garçon ; Rose, la chef des Vrais, a « vu » Abra les regarder en train d’agir et n’a  de cesse ensuite de traquer Abra car elle comprend le potentiel de vapeur qu’Abra a en elle.

La chasse commence et Abra sera aidée par Danny. Et l’histoire, une fois encore, devra se finir à l’emplacement de l’hôtel Overlook.

Voilà un résumé de l’intrigue. C’est un bon Stephen King. Peut-être pas le meilleur mais retrouver Danny adulte, c’est comme avoir des nouvelles d’une vieille connaissance des années après l’avoir connue. On est content de le retrouver, triste de voir dans quel état il est au début du roman et on suit avec plaisir sa rédemption et ses efforts pour s’en sortir.

J’ai relu Shining récemment après une première lecture il y a très longtemps en allemand (oui, au siècle dernier) et le style ne m’a pas vraiment convaincu, je ne sais pas pourquoi. Trop raide je dirais. Ajouter à cela pour parasiter la lecture les images de Jack Nicholson dans le film de Kubrick pour parfois passer à côté du livre. Une nouvelle lecture pourrait me faire changer d’avis, à reprogrammer.

 

Eddy Bellegueule Jolie mouette

J’ai fini Eddy Bellegueule

Eddy Bellegueule Jolie mouette

 

Eddy Bellegueule, un nom qui fleure bon le film des années 50, un blaze digne d’un film d’Audiard. Sauf que ça n’a rien à voir avec les Tontons flingueurs. Eddy est un jeune garçon qui vit en Picardie dans un milieu pauvre, pauvre financièrement, pauvre dans l’expression et enfermé dans un modèle où un homme doit être un dur, une femme doit faire des enfants et où l’homosexualité ne peut être tolérée.

Eddy lui fait tache. Parce qu’il n’aime pas le foot, parce qu’il roule des hanches quand il marche, parce ses mains s’envolent quand il parle. Il est pédé, tarlouze, tante, tous ces synonymes il les entend, dans sa famille et dans son collège.

Le livre est fort. Dès les premières pages où Eddy se fait cracher dessus par deux petites frappes au collège. Il se fera tabasser pendant des années, parce qu’il est pédé.

La violence est partout, dans le collège une violence physique et quotidienne, dans les mots et les insultes qui tombent, dans sa famille. Son père se bat quand il est ivre, se battre c’est aussi être un homme. La violence c’est aussi celle plus insidieuse des classes qui fait que comme le dit sa mère « Nous les petits on intéresse personne, surtout pas les grands bourges ». C’est aussi celle du boulot qui tue la santé, l’horizon limité à un boulot de caissière ou de femme de ménage. La violence d’une vie qui n’offre rien.

Toute la première partie du livre décrit le milieu dans lequel évolue Eddy. Dès les premières lignes le lecteur s’en prend plein la tronche en lisant qu’Eddy se fait cracher dessus. Le choc vient aussi du fait de réaliser que ça se passe maintenant.

Eddy essaie de coller à l’image que l’on se fait d’un homme dans son milieu, il espère changer, en vain. Il ne lui restera donc que la fuite, « à la ville » au lycée d’Amiens pour devenir lui-même, cet autre qui s’appelle maintenant Edouard Louis.

Le livre est un succès, il fait polémique également, il suffit de parcourir le net pour s’en rendre compte. On parle de sociologie, d’étude de milieu, comme si finalement tous les commentaires des « dominants », ceux qui ont l’éducation et l’expression découvraient cette misère et la jugeaient une fois de plus.

L’aspect sociologique n’est pas ce qui m’a le plus marqué, j’y ai surtout vu l’histoire d’un parcours, d’une échappée et d’une construction. La fuite se fait à la fin de l’ouvrage, l’ouverture vers un nouveau milieu, vers la tolérance ? Pas si sûr finalement, la dernière scène du livre, Eddy est au lycée « Alors Eddy, toujours aussi pédé ? » Les autres rient. Moi aussi. » La route est longue, pour Eddy / Edouard, il a changé de milieu mais il n’en reste pas moins pédé.

Stephen King Jolie mouette

Stephen (is my) King

Stephen King Jolie mouette

Si il y a une chose que vous devez savoir de moi, c’est que j’ai la larme facile, je pleure pour un rien, je suis une éponge gorgée d’eau qui déborde à la moindre pression.

Pourquoi cette introduction ? Parce que Stephen King me fait pleurer. Je suis fan de Stephen King, je ne dirai pas une grande fan parce que finalement j’ai lu peu de ses livres au regard de ce qu’il a écrit mais j’aime. J’aime son style, cette façon de créer un personnage, d’emmener le lecteur dans une histoire, de lui faire peur mais aussi de l’émouvoir.

Le dernier livre que je viens de terminer est « 22/11/63 ». Cette date est celle de l’assassinat de Kennedy à Dallas, un traumatisme pour tous les américains. Jake Epping, le héros est professeur en 2011. Son copain Al Templeton est propriétaire d’un diner, un resto dans une caravane au fond de laquelle se trouve une porte invisible, un accès au passé. Une faille temporelle qui fait voyager dans le temps, qui amène Jake dans sa ville mais le 9 septembre 1958. Et alors se dessine cette idée folle, empêcher l’assassinat de Kennedy, c’est à dire changer le passé.

Jake part donc vivre dans le passé, trouve un job de prof et tombe amoureux. Et là finalement tout change, car d’un roman que j’imaginais comme un thriller nous menant à ce jour fatal on passe à un roman d’amour, une formidable histoire d’amour entre Jake, le professeur de littérature et Sadie la bibliothécaire. Alors bousculer le passé n’est jamais sans conséquences et le futur  –  son présent de 2011 sera forcément impacté par ce qu’il fera pendant son voyage.

Alors pourquoi les larmes dont je vous parlais plus haut ? Parce que Jake va devoir faire des choix, et c’est forcément déchirant. Je ne vais pas tout vous dire, si ce n’est que si vous lisez ce livre, vous n’écouterez plus ce morceau « In the mood » de la même oreille. Il y a de grandes chances pour que vous imaginiez Jake et Sadie danser, enchainer les figures sous le regard admiratif des élèves lors du bal de fin d’année.

 

La Fille de nulle part

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La fille de nulle part est un roman noir de Frédric Brown paru en 1951 aux Etats-Unis et seulement en 2008 dans cette édition française de poche. C’est une découverte de cet été grâce à Line, encore.

La fille de nulle part c’est Jenny Ames tuée il y a 8 ans et dont la mort n’a jamais été élucidée. George Weaver en pleine déprime s’installe dans une petite ville du Nouveau-Mexique où un ami journaliste lui raconte l’histoire de ce fait-divers et lui demande de passer un peu de temps à rechercher des informations sur le meurtre pour l’article qu’il projette d’écrire. Weaver s’installe dans la maison, théâtre du drame, cherche,  fantasme sur cette jeune femme, grappille des informations. Sa femme, alcoolique notoire le rejoint, s’ennuie, passe son temps à boire alors que lui s’enfonce de plus en plus dans cette histoire.

Il en vient à se dire que Jenny est peut-être encore en vie. Ses découvertes ultimes lui apprendront une vérité étonnante.

J’ai bien aimé cette histoire même si au niveau de l’écriture le style me parait un peu pauvre. On sent bien parfois à certaines réflexions que le livre a été écrit en 1951. J’imagine bien un vieux film à la Nicholas Ray où tout ce petit monde fume et picole à tout va et ne peut échapper à son destin.

Bonne lecture d’été.

D’excellents voisins

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Prêté par Line,  une amie grande dévoreuse de pages D’excellents voisins est un roman de Saskia Noort, auteure néerlandais qui signe là son troisième livre.

L’histoire commence par la découverte de quatre corps couverts de sang dans un bungalow. Mis au parfum dès les premières pages, le lecteur va remonter le cours de l’histoire racontée alternativement à travers le point de vue de Peter et Eva.

Ce jeune couple vient de perdre son bébé et le couple qui a passé des années à essayer d’être parents est au bord de la rupture. Ils emménagent sans joie dans la maison qui devait être celle de leur famille et rencontrent leurs nouveaux voisins, un jeune couple avec bébé avec lesquels, contre toute attente, ils vont sympathiser.

Au contact de sa voisine Rebecca,  Eva semble sentir à nouveau l’envie de vivre tandis que Peter est ravi d’avoir trouvé un ami en Steef.  L’ambiguïté s’installe et ces quatre voisins finissent par s’échanger au cours d’une soirée qui va tout déséquilibrer. Peter est stérile, Steef est séduisant et fertile ; les deux femmes décident qu’Eva couchera avec Steef pour tomber enceinte.

Le désir d’enfant, le désir tout court, la détermination d’Eva à être mère à tout prix vont s’opposer à la jalousie proche de la folie de Peter jusqu’au drame.

On connaît la fin, on découvre surtout de beaux personnages, particulièrement Eva qui ne peut renoncer à son désir d’être mère. Chacun a sa part de folie et d’irrationnel, le couple de voisins flamboyants cache lui aussi des secrets et tout ça les mène à une fin tragique.

Très agréable à lire, ce roman se lit vite rythmé par l’alternance des récits de Peter et Eva.

Le dieu de New York

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Je viens de finir Le dieu de New York de Lyndsay Faye, découvert au hasard d’un furetage en librairie. D’abord attirée par la couverture du livre qui me rappelait celle de L’Aliéniste de Caleb Carr, je me suis laissée tenter par l’histoire de Timothy Wilde, jeune barman qui devient un des premiers policiers de New York en 1845.

Au cours d’une de ses rondes, Timothy Wilde tombe sur une petite fille couverte de sang qui fuit un homme qui découpe les enfants. C’est le début de l’enquête pour Wilde dans un New York où s’affrontent les natifs et les Irlandais, ces nègres blancs, catholiques et miséreux.

Les cadavres des jeunes enfants que Wilde va découvrir sont ceux de jeunes catholiques irlandais prostitués, jeunes rivettes dont la disparition émeut peu de monde mais qui peut rendre encore plus tendue la vie dans les quartiers les plus pauvres.

Opposition entre natifs et Irlandais qui arrivent massivement pour fuir la famine, opposition entre catholiques et protestants, création de la NYPD, poids du parti démocrate aux liens étroits avec la police, outre ce contexte historique passionnant, le roman se distingue par l’utilisation d’un argot dont certains termes sont toujours utilisés. Le lexique en fin de roman livre une part des mots utilisés par l’auteur, en version française, de quoi enrichir son vocabulaire de façon colorée.

Ce roman aura une suite, une bonne nouvelle car en un roman le personnage de Timothy Wilde devient attachant et la peinture de cette période historique est passionnante.

Lecture de saison

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Même si je lis tout au long de l’année sans distinction de genre, l’été est une saison qui incite le plus souvent à une lecture plus légère que j’appellerai Lecture de transat, le genre de lecture qui se savoure un verre à la main, qui ne craint ni le soleil ni la crème solaire et qui peut finir dans le sac de plage avec des grains de sable dedans. L’hiver au contraire se délecte de lectures sombres, de polars glauques, un thé à portée de main droite et des cookies à portée de main gauche.

Cet été je suis partie avec deux livres pour une semaine, après un calcul savant du nombre de pages lues par jour afin de ne pas tomber en rade au bout de trois jours et de ne pas plomber la valise.

J’ai donc commencé par Demain j’arrête de Gilles Legardinier. L’histoire légère de Julie qui tombe sous le charme de son nouveau voisin qui s’appelle Patatras. Elle l’espionne, enchaine les bêtises et forcément ça finit bien. Ca se lit vite, ça s’oublie vite, ça laisse pas de traces et voilà. Rien de plus. Ca ne sert à rien. Quitte à lire un livre léger, autant relire Bridget Jones qui me semblait plus drôle et surtout avec plus de dérision. C’est pas parce qu’un livre est léger qu’il doit être light si vous voyez ce que je veux dire.

Je suis donc passée au livre suivant Et devant moi le monde de Joyce Maynard. J’avais déjà lu des choses sur elle dans des magazines et j’ai acheté ce livre autobiographique après avoir lu le billet de Caroline blogueuse de Pensées by Caro. Et là pour le coup, ce livre n’a rien d’un livre de transat. Rien de léger là-dedans. Joyce Maynard est une jeune fille élevée dans une famille qui valorise la lecture, la culture et l’écriture tant et si bien qu’à 18 ans elle publie un long article dans le New Yorker sur sa génération qui lui apporte une certaine renommée, des opportunités littéraires et surtout qui lui fait rencontrer J.D Salinger, l’auteur culte de L’Attrape-coeur. Cette rencontre est marquante pour la toute jeune fille qu’elle est, elle a 18 ans lui 56. Elle passe de l’influence de ses parents à celle de Salinger ; elle veut lui plaire comme elle a toujours tenté de plaire à ses parents. La relation avec Salinger est terrible et il est effarant de voir que ses parents l’ont laissée s’installer chez cet homme qui avait leur âge. Manipulée, jetée du jour au lendemain par l’écrivain, Joyce continue sa route, devient mère, mène une vie conjugale chaotique, toujours à courir après l’argent. L’écriture est simple, Joyce Maynard décrit sa vie sans pathos, presque hors d’elle-même. C’est prenant, effrayant parfois et le transat au soleil était finalement le bon endroit pour ne pas être trop affectée par cette histoire.

Les heures souterraines

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Les Heures souterraines est un roman de Delphine de Vigan, auteure également du magnifique Rien ne s’oppose à la nuit.

C’est l’histoire de Mathilde et Thibault dont on suit les vies en parallèle. Elle, adjointe du responsable marketing d’un grand groupe agro-alimentaire, lui médecin urgentiste. Lui croise les souffrances humaines ; elle est en proie à ces mêmes souffrances alors que son chef a décidé de la détruire et petit à petit lui retire ce qui fait l’essence de son travail.

Dans les commentaires en dos du livre on lit que Delphine de Vigan met en scène ses personnages « avec tendresse et légèreté ». La tendresse c’est à mon sens l’attention donnée aux personnages, la précision de la langue qui décrit avec une économie de mots la violence quotidienne que subit Mathilde. Cette langue précise mais jamais sèche crée une légère distance dont se dégage une empathie pour ces personnages.

Par contre je ne comprends pas la mention de légèreté. Peut-être est-ce l’absence de pathos qui donne un sentiment de légèreté ? Lire ce roman en plein été où se combinent chaleur et soleil n’apporte pas de légèreté, non au contraire cela ne fait que souligner l’horreur de ce que vit Mathilde.

Ces deux personnages ne feront que se croiser furtivement, prisonniers l’un et l’autre de leur vie, de leur quotidien oppressant fait de contraintes, comme les embouteillages, les trains en retard et les quais bondés.

On quitte Mathilde avec regret et avec une envie très forte de sortir, de respirer et de lâcher prise pour quelques instants pour reprendre le cours de sa vie.

No impact man

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No impact man est le récit de l’expérience de Colin Beavan de vivre un an en réduisant au maximum son empreinte carbone. Réduire ses déchets, renoncer à acheter du neuf, faire ses courses et cuisiner, vivre sans électricité, ce sont les différentes étapes qu’a franchies Colin en emmenant avec lui sa petite famille d’où le surtitre de son livre « Peut-on sauver la planète sans rendre dingue sa famille ? »

Et c’est là l’originalité du livre, car plutôt que de dresser une liste de conseils et de petits gestes, il raconte son expérience de l’intérieur en pointant la difficulté qu’il peut y avoir lorsque l’on change ses habitudes de vie à mener cette expérience et à maintenir des relations familiales sereines. Pour exemple, Colin décide de passer aux couches lavables pour sa fille et sa femme de le laisser faire en lui disant « C’est ton projet ».

Il démarre de loin le Colin car son mode de vie new-yorkais me semble à la base beaucoup plus polluant que le nôtre. C’est ce que je me suis dit en lisant qu’il ne faisait jamais la cuisine, passait pas mal de temps au Starbucks et accumulait les emballages… jusqu’à ce que j’aille dans ma cuisine et constate que sur mes courses du jour j’avais quatre emballages plastiques. Bref.

Colin et sa femme se mettent à marcher beaucoup, virent la télévision (ça me démange de la virer elle aussi), cuisinent, ne prennent plus l’avion, ni l’ascenseur, redécouvrent le temps passé entre amis, les balades, les sorties au parc et une meilleure qualité de vie.

Il y a des passages qui montrent bien que l’on a à faire à une culture américaine : le côté spirituel, Jesus is in the place (pas trop quand même), la famille tout ça qui me gonfle toujours chez les Américains. Cependant sa démarche me semble plus agréable à suivre dans la mesure où ce que j’ai lu est une expérience personnelle, individuelle qui n’est pas du prosélytisme mais qui a eu pour impact (haha quelle finesse de faire le lien avec le titre du livre) de pousser son entourage à s’interroger sur ses propres habitudes.

« Vivons nos vies comme si nous ne comptions pas pour du beurre. Car paradoxalement, le plus dangereux, c’est de se croire insignifiant. Les gros lobbies ont l’argent de leur côté, nous avons les êtres humains. » Voilà, l’action individuelle est une chose, la somme de toutes les actions individuelles peut avoir un poids ; Colin parle de citoyenneté engagée. Depuis il s’est engagé dans la vie publique.