Archives pour la catégorie Humeur

Good vibrations

Il y a un an mon père mourait à l’hôpital entouré de ma mère, mon frère et moi. Le cancer gagnait la partie même pas à la loyale. On ne parlera pas de tricherie mais les forces en présence étaient déséquilibrées ; mon père avait beau être ce costaud que j’avais toujours connu, mon roc, le voir chuter à cause d’un ennemi invisible fut très perturbant et le reste encore aujourd’hui.

Je l’ai vu mourir, je l’ai vu dans son cercueil, je l’ai accompagné au cimetière, j’ai vu la tombe, la stèle et son nom gravé sur la pierre et pourtant ces informations voyagent en moi entre le pôle rationnel et le pôle émotionnel, navigant de l’un à l’autre sans choisir leur camp.

J’aurai aimé convenir d’un code avec mon père, d’un gimmick, un truc qui n’aurait été qu’à nous et qui m’aurait permis de savoir qu’il était bien arrivé là où il devait être, que tout se passait bien et qu’il continuerait à garder un oeil sur nous. On n’en a pas eu le temps, je pense surtout que je n’aurais pas osé en parler. Evoquer la mort c’est reconnaître qu’elle rode et quand on visite quelqu’un régulièrement à l’hôpital on se rend compte qu’elle n’a pas besoin d’encouragement, elle se pointe et vient chercher son dû sans état d’âme, sans âme du tout. Elle prend et part.

A un moment j’ai regretté de ne pas avoir la foi, de ne pas croire qu’il y a un au-delà, un endroit où les âmes reposent, un  cimetière des éléphants où la souffrance n’est plus. Parce que quelques minutes après la mort de mon père, ce qui restait de lui était juste une enveloppe corporelle ; son essence, ce qu’il était, sa flamme étaient partis. En un claquement de doigts. L’âme s’était barrée. C’est fascinant et effrayant de voir que c’est ce qu’on est à l’intérieur qui fait de nous un être vivant, un individu avec ses particularités et qu’une fois la mort venue, ceux qui restent doivent composer avec leurs souvenirs pour garder en eux la trace de cette personne.

Alors oui s’il y avait eu un signe, j’aurais été contente, le lien n’aurait pas été rompu et si j’avais eu la foi je n’aurais pas douté de l’existence de ces signes. Et je ne me serais pas retrouvée un an après dans un état de confusion qui fait que parfois je me prends à me convaincre que oui mon père est mort et qu’à force de le dire je finirai par en être certaine.

La seule chose que j’ai trouvée, qui rend les choses belles et insupportables à la fois c’est la musique. Parce que l’amour et le goût de la musique c’est ce qui nous a le plus rapprochés mon frère, mon père et moi. Et que dans la musique je trouve parfois la grâce que je ne trouve pas ailleurs. J’ai foi en la musique, en sa capacité à me faire dresser les poils et j’arrive à croire à quelque chose qui me dépasse quand l’émotion me prend aux premières notes d’une chanson. Je crois dans les bonnes vibrations, je crois à la grâce quand j’entends chanter les Beach Boys, quand leurs voix se répondent et forment un choeur envoûtant.

Je crois aux « Good vibrations » et peut-être que c’était ça le signe que j’attendais : me dire qu’à chaque fois qu’une chanson me rappelle mon père c’est peut-être lui qui me fait coucou et qui doit se dire que j’en ai mis du tout pour comprendre. Ta fille est lente, papa mais elle progresse.

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Chante ton bac d’abord !

Chantetonbacdabord

Ça fait du bien. Oui ça fait du bien de voir le Nord au cinéma sans que les personnes à l’écran aient l’air de babaches. Ça fait du bien de voir Boulogne, la mer, tout ce qui fait la région sans s’énerver des clichés miséreux qui sont souvent le lot des reportages sur le Nord.

Pas de clichés, juste le portrait de 5 jeunes qui passent le bac, ici à Boulogne et c’est émouvant et ça fait du bien d’être émue. Oh que oui. Emue de voir ces jeunes, très jeunes même réfléchir à leur avenir sachant que ce sera dur mais déterminés à choisir la voie qui les épanouira. Emue de voir les parents marqués par la situation économique de la ville s’inquiéter pour leurs enfants. L’avenir, toujours l’avenir et ce bac, rite de passage qui ouvre l’horizon vers un ailleurs, forcément ailleurs puisqu’ici le boulot c’est pas ce qu’on trouve le plus facilement.

J’ai assisté à l’avant-première au cinéma de Boulogne, les Stars en présence du réalisateur et des jeunes. Les réactions du public ont souvent été les mêmes, on veut savoir où ils en sont de leurs études (ben oui parent un jour, parent toujours), on souligne le soulagement d’une peinture du Nord réaliste et pas misérabiliste avec des gens intelligents (Rachel, la jeune cavalière a eu 20 au bac philo). On est touché aussi de la singularité de ce documentaire où au détour d’une scène les jeunes expriment ce qu’ils sont en chanson. Des moments en suspension où il est plus facile d’exprimer ce que l’on ressent avec des notes de musique. Pudeur des sentiments.

J’y ai emmené ma fille, sans trop lui expliquer le film, si ce n’est qu’on allait y voir Alex qui prenait des cours de contrebasse avec elle à une époque. Elle y est retournée avec sa copine. Ça lui parle et surtout depuis on parle de ce qui viendra après le collège, de l’avenir, du futur.

Oui décidément, Chante ton bac, d’abord ! ça fait du bien.

 

 

Pride, au nom des mineurs

pride film

Quand je lis le mot « Pride », j’entends les premières notes de la chanson de U2. Mais point de Bono dans cette pride là. Il est cependant bien question de fierté, de la fierté et dignité des mineurs qui sont en grève pendant un an dans l’Angleterre de Thatcher en 1984 et de la fierté gay des homosexuels et lesbiennes dans cette même Angleterre.

Tiré d’une histoire vraie, le film raconte la rencontre improbable de deux mondes que tout semble opposer, celui des mineurs et celui des gays et lesbiennes.La communauté homosexuelle décide d’apporter son soutien aux mineurs en grève en créant le LGSM – Lesbians and gays support the miners en arguant du fait que mineur et homo sont tous deux dans le collimateur du gouvernement, des tabloïds et de la police. La collecte commence et après quelques déboires sur la redistribution de l’argent – les appels aux organisations syndicales se soldent par une fin de non-recevoir lorsque les LGSM expliquent la signification de ces quatre lettres, les LGSM sont accueillis par les mineurs d’un petit village gallois.

Le soutien des homosexuels est une vraie aide pour les mineurs dont la grève s’éternise et le quotidien se durcit. L’amitié nait entre ces deux communautés et les mineurs défileront en nombre et en tête du cortège lors de la Gay pride l’année suivante et l’avancée des droits homosexuels sera soutenue par les mineurs au sein du parti travailliste.

1984, c’était il y a 30 ans, l’année de mon bac français. Les années 80 paraissent à la fois si proches et si lointaines (certains looks sont quand même improbables et dire que j’ai vécu ces folles années). A l’époque je vivais dans le bassin minier dans le Pas de Calais et je me souviens d’actions de solidarité de certaines villes communistes envers les mineurs britanniques. C’était, je l’avoue, un peu loin de mes préoccupations d’alors. La bande-son réveille aussi pas mal de souvenirs : Bronski Beat, Dead or alive et autres titres disco qui vous font bouger sur votre fauteuil.

La comédie sociale est un genre dans lequel les Anglais excellent. Je me souviens de Full monty, des Virtuoses, ou de Billy Elliott qui à chaque fois sur fond de problème social créent des personnages attachants et une histoire forte. Pride ne fait pas exception à la règle. A voir absolument en V.O, histoire de profiter à fond de l’accent gallois.

 

prince purple rain

Pluie violette, pluie violette…

prince purple rain

Je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans n’ont pas connu. Je vous parle de l’été 1984 qui précéda l’apparition de Canal + sur nos petits écrans. Pendant l’été donc, sur la chaîne pas encore en place, comme un teasing interminable étaient diffusés au kilomètre des clips en boucle.

Oui et alors, me direz-vous ? What’s your point? Eh bien c’est grâce à cette bande-annonce géante que j’ai découvert Prince. When doves cry. L’album Purple Rain. Un petit gars, en chemise à jabot, qui sort nu de sa baignoire et qui parle de colombes qui pleurent.

C’est en lisant un article de Faster louder que j’ai réalisé que l’album avait donc 30 ans et que par un revers de médaille plutôt violent j’avais donc passé le bac français cette année-là. Fuck.

Certains morceaux de l’album sont toujours dans mon Ipod. Comme les titres de Sign o’ Times. Est-ce qu’il y a une part de nostalgie dans tout ça ? Disons plutôt qu’il y a une fidélité à ce que j’ai aimé plus jeune. Et que peut-être aussi, ce que j’aimais à l’époque était suffisamment bon pour que 30 ans plus tard je l’écoute encore.

Pluie violette, pluie violette !

One Direction Stade de France

Ma première fois au Stade de France avec One Direction

One Direction Stade de France

Une première fois dans une vie ça compte toujours. Faire le Stade de France était une première et emmener ma fille voir One Direction en concert aussi. Une première. (Vous suivez ?)

Le gigantisme du lieu surprend quand on arrive dans le stade et on se dit « Pétard je vais rien voir » et bingo, les One Direction aussi mignons étaient-ils, ressemblaient à des Playmobil (en mieux coiffés). Tout juste s’il n’aurait pas fallu leur coller leur nom dans le dos histoire de les repérer sur scène quand on quittait les écrans des yeux. Les gentilles jeunes filles dehors avaient distribué des jumelles, cool mais peu efficaces et j’ai acheté des bouchons d’oreille, nécessaires à une écoute sereine du concert : filtration du son qui n’est pas terrible dans le stade et filtration des cris des jeunes fans en émoi tout au long du concert.

Parlons-en de ces fans, je les trouve émouvantes et drôlement organisées. Une petite jeune fille est venue nous expliquer le projet Stade de France (hein ?) (je ne suis donc pas une Directioner) à savoir lever une feuille sur laquelle est écrit « You and Us » dans un coeur Bleu Blanc Rouge sur la chanson « You and I ». La gamine me regarde, genre elle va pas comprendre, je me suis donc sentie obligée de dire Hé je connais les paroles. Elle a détourné le regard, gênée ? Voilà, s’il y a un âge limite pour aimer les One direction, je l’ai dépassé. M’en fous, j’suis contente d’être là et de voir les yeux de ma fille quand les 5 garçons arrivent sur scène. Joie, incrédulité, étonnement et certainement plein d’autres choses passent sur son visage. Pour ma nièce, je suis devenue une super Tata. Peu d’hommes dans le public, le gars devant moi regarde le match France-Suisse sur son téléphone. C’est vous dire si l’enthousiasme était surtout du côté jeune et féminin du public.

Il y a quand même quelque chose d’irréel dans ce genre de concert, tout ce monde rassemblé en un même lieu, la ferveur des fans, la vitesse à laquelle tout ce monde sort du stade une fois le concert terminé mais surtout le fait qu’en étant loin, on passe son temps à regarder un écran plutôt que la scène. A moins d’être dans la fosse ou sur le côté, je le saurai pour la prochaine fois. (Quoi il y aura une prochaine fois ?)

Et sinon côté musique ? Et bien ils assurent les petits gars, un show bien rôdé où les chansons s’enchaînent sans temps mort et finalement j’en connaissais pas mal sur la liste (effet d’écoute passive probablement). Les gamines étaient ravies avec un effet gueule de bois le lendemain, comme un petit blues de se rendre compte que le moment tant attendu était passé.

Et depuis ? Depuis j’écoute leur dernier album sur mon Ipod, j’aime bien. Je ferais ça presque en douce pour ne pas me taper la honte devant ma fille. Elle tique un peu, mais on a convenu que je ne toucherai pas à Zayn. M’en fous, il en reste quatre autres.

And I’ll dance all night to the best song ever ! Yeah !

rollmops théâtre z'ad hoc

Qu’est-ce qui fait une bonne soirée ? Théâtre et bal de poche

rollmops théâtre z'ad hoc

Oui, qu’est-ce qui fait une bonne soirée ? Hein, à part un bol de Curly et un paquet de cacahuètes ?

Hier était une bonne soirée, et pour plusieurs raisons : des gens de bonne compagnie, du théâtre et de la musique. Hier, c’était le Gros final du Festival du Gros mois de juin du Rollmops théâtre à la Gare maritime de Boulogne sur Mer.

C’est au Rollmops que j’ai commencé à faire du théâtre, c’est là que j’ai rencontré mes futurs collègues des z’Ad Hoc, c’est là que j’ai goûté à l’impro et c’est là que j’ai découvert le plaisir d’être sur scène. Alors quoi de plus naturel que de participer au Gros final.

Voilà comment les z’Ad Hoc se sont retrouvés avec les Tarépeuthes dans la Gare maritime à animer de leurs sketches l’espace de l’exposition de l’EMA. Jouer devant des spectateurs à la lumière du jour, à moins d’un mètre d’eux c’est effrayant et jubilatoire à la fois. On a joué notre sketch quatre fois,  chaque fois avec des variantes, de plus en plus à l’aise et contents des réactions du public. La gratification au théâtre est immédiate, la sanction aussi…

Les spectateurs étaient contents, on a pu donc boire notre verre tranquilles ensuite, heureux d’avoir participé au spectacle. C’est ça aussi le théâtre pour moi, participer à un truc collectif, partager la préparation et les répétitions du spectacle.

Cette gare maritime est un lieu magnifique, immense, fermé depuis pas mal d’années maintenant et utilisé à de rares occasions. Le Festival du Gros mois de juin en était une très belle, faisant de la gare maritime un lieu de théâtre, d’expositions et de musique.

Oui, se retrouver en fin de festival, en train de danser sur la musique du Petit bal de poche dans une ambiance de guinguette c’était à la fois se trouver au Rollmops et profiter de l’ambiance d’un nouveau lieu, c’était en un lieu trouver les éléments qui font une bonne soirée.

20 ans jolie mouette

Ces choses qui me disent que je n’ai plus 20 ans.

20 ans jolie mouetteÇa ne vient pas d’un coup, non probablement pas mais des petites choses s’accumulent et le jour vient où il faut se rendre à l’évidence et comprendre qu’on a plus 20 ans.

J’aurais pu dire « comprendre qu’on a plus 30 ans » mais ce serait trop douloureux à reconnaitre, je me laisse encore un moment. Mais voilà je n’ai plus 20 ans – globalement parlant, articulairement encore moins.

  • J’ai une fille de 12 ans. Tout de suite ça calme, hein. Imaginer avoir un enfant à 20 ans c’était de la science-fiction, élever un enfant c’est de la science-fiction.
  • Je porte des lunettes. J’étais myope à 20 ans, je suis presbyte.
  • J’ai mal partout le matin même sans faire de sport. Un stage de théâtre suffit.
  • Je ne comprends pas tout ce que me dit ma fille et ça, ça me fout le seum. (si tu comprends pas c’est que t’es trop vieux ou que t’as pas d’ado).
  • A 20 ans je croyais en finir assez vite avec les études, là je rejoue « mes années collège ». Yes !
  • A 20 ans j’avais un walkman, aujourd’hui j’ai un Ipod.
  • A 20 ans j’avais le permis, aujourd’hui j’ai une voiture.
  • A 20 ans j’avais encore quelques boutons, aujourd’hui j’ai des rides.
  • J’ai connu George Michael mince et John Lennon vivant. Mais je n’avais pas 20 ans quand il est mort, faut pas déconner.
  • Quand je parle avec des jeunes, parfois je pense « tu verras quand t’auras mon âge ».
  • Quand je parle avec des jeunes, parfois je me dis « thank God, je n’ai plus leur âge ».
  • A 20 ans je ne pensais même pas à travailler, aujourd’hui je me surprends à flipper pour la retraite.
  • A 20 ans j’était blonde sans effort. Aujourd’hui  j’aide la nature.
  • J’écoute France Inter. Quand j’avais 20 ans je trouvais que c’était une radio de vieux et d’intellos. Maintenant c’est la meilleure façon d’échapper à Cyril Hanouna.
  •  A 20 ans je ne me posais pas de questions avant de manger des frites, maintenant je n’en mange qu’au restaurant.
  • A 20 ans je ne disais pas les choses, maintenant oui.
  • A 20 ans je rêvais à certaines choses sans oser les nommer (on est con à 20 ans), aujourd’hui j’en ai réalisé quelques-unes.
  • Quand j’avais 20 ans, je ne me rendais pas compte que mes parents étaient jeunes. Aujourd’hui je vois qu’ils le sont un peu moins.
  • A 20 ans, 40 ans me paraissait loin. A 40 ans, 50 ans c’est demain.

Mais il y a quand même des choses qui ne changent pas et qui disent « ça c’est vraiment moi. »

  • Je lis, toujours avec le même plaisir au démarrage d’un livre.
  • Je pleure toujours devant n’importe quelle histoire d’amour écrite ou filmée.
  • Je suis toujours une quiche dans bien des situations (je n’en dirais pas plus pour le moment).
  • Je connais toujours des tas de paroles de chansons des années 80. Anglo-saxonnes j’entends.
  • Toujours fan de Depeche Mode. Toujours pas fan d’Indochine.
  • J’aimais pas les chanteurs français, aujourd’hui j’ai 90 % de musique anglo-saxonne dans mon ipod.
  • J’achète toujours des sacs.
Stephen King Jolie mouette

Stephen (is my) King

Stephen King Jolie mouette

Si il y a une chose que vous devez savoir de moi, c’est que j’ai la larme facile, je pleure pour un rien, je suis une éponge gorgée d’eau qui déborde à la moindre pression.

Pourquoi cette introduction ? Parce que Stephen King me fait pleurer. Je suis fan de Stephen King, je ne dirai pas une grande fan parce que finalement j’ai lu peu de ses livres au regard de ce qu’il a écrit mais j’aime. J’aime son style, cette façon de créer un personnage, d’emmener le lecteur dans une histoire, de lui faire peur mais aussi de l’émouvoir.

Le dernier livre que je viens de terminer est « 22/11/63 ». Cette date est celle de l’assassinat de Kennedy à Dallas, un traumatisme pour tous les américains. Jake Epping, le héros est professeur en 2011. Son copain Al Templeton est propriétaire d’un diner, un resto dans une caravane au fond de laquelle se trouve une porte invisible, un accès au passé. Une faille temporelle qui fait voyager dans le temps, qui amène Jake dans sa ville mais le 9 septembre 1958. Et alors se dessine cette idée folle, empêcher l’assassinat de Kennedy, c’est à dire changer le passé.

Jake part donc vivre dans le passé, trouve un job de prof et tombe amoureux. Et là finalement tout change, car d’un roman que j’imaginais comme un thriller nous menant à ce jour fatal on passe à un roman d’amour, une formidable histoire d’amour entre Jake, le professeur de littérature et Sadie la bibliothécaire. Alors bousculer le passé n’est jamais sans conséquences et le futur  –  son présent de 2011 sera forcément impacté par ce qu’il fera pendant son voyage.

Alors pourquoi les larmes dont je vous parlais plus haut ? Parce que Jake va devoir faire des choix, et c’est forcément déchirant. Je ne vais pas tout vous dire, si ce n’est que si vous lisez ce livre, vous n’écouterez plus ce morceau « In the mood » de la même oreille. Il y a de grandes chances pour que vous imaginiez Jake et Sadie danser, enchainer les figures sous le regard admiratif des élèves lors du bal de fin d’année.

 

théâtre zadhoc

J’ai crié (adrén)Aline !

théâtre zadhoc

Titre un peu pourri je le concède juste pour vous parler de théâtre et du plaisir sur scène. Ça tombe bien, je viens de jouer.

Depuis plusieurs années, je retrouve mes petits camarades régulièrement pour faire du théâtre. D’abord en atelier, grâce aux ateliers du Rollmops, nous avons créé notre compagnie, Les z’Ad-Hoc pour essayer de monter nos projets, de satisfaire notre envie de textes et de scène et aussi pour le plaisir de se retrouver.

Et puis surtout pour faire de l’improvisation. Ah l’improvisation, cette impression parfois de se jeter dans le grand bain sans bouée, cette surprise permanente puisqu’on ne sait pas ce que va dire l’autre, cette adrénaline d’être en un clin d’oeil un personnage propulsé dans un univers loufoque. On ne soucie plus de réalité, seule compte l’histoire. Le pied, il faut le dire de lâcher enfin les barrières, freins et autres contrôles que l’on s’impose le reste du temps pour jouer, tout simplement jouer.

J’aime ça, j’aime la fatigue qui s’ensuit une fois le spectacle terminé, j’aime les rires des gens qui ont aussi décidé en venant nous voir de déposer leur cerveau à l’entrée pour simplement rire. C’est bon de rire parfois, c’est bon d’entendre les rires.

Et j’aime être surprise par mes partenaires, j’aime inventer avec eux des histoires improbables et retrouver sur scène la connivence qui existe entre nous née de nos entrainements et de notre familiarité.

C’est important la troupe, c’est un groupe avec ses hauts et ses bas, ça fluctue, ça va, ça vient. Notre groupe est composé de personnalités bien dessinées, on est tous d’âge différent, voilà notre richesse. On aime se voir, voilà notre motivation.

Et c’est quand la prochaine date ? Ah oui le 16 mai. Vous viendrez ?

the breakfast club

Don’t you (forget about me)

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Je ne crois pas être de nature nostalgique. Je ne regarde pas mes vieilles photos, je sors de la pièce si ma fille sort les films de famille, je regarde peu en arrière et si j’évoque des « vieilleries », c’est plus dans le but de créer du lien avec les personnes qui m’entourent (avoir vécu à l’époque des pulls à manche chauve-souris ça rapproche) que de dire « c’était mieux avant.  »  En bref, je suis comme Florence Foresti, j’ai connu les Raider et les Treets, je suis vieille et je vous emmerde (pas nostalgique mais chatouilleuse quand même).

Tout ça pour dire que les années 80s coïncidant avec l’adolescence, c’est plus facile d’en rire maintenant que de les vivre à l’époque. Mais s’il y a une chose que je retiens de cette période boutonneuse, c’est la musique. Attention pas les années 80 françaises, soyons clairs, c’était déjà pas écoutable à l’époque ça reste de la daube aujourd’hui (avec 20 kilos de plus pour certains chanteurs). J’étais déjà snob en ce temps-là et je n’écoutais quasiment que de la musique anglo-saxonne Depeche Mode, Simple Minds, Tears for Fears, The Cure, U2. Renaud était le seul français que j’écoutais (bon à l’époque on comprenait encore ce qu’il disait quand il chantait) avec Lavilliers.

Il y a un mois environ ma copine Isabelle m’a prêté une compilation 80s (Eighties hein y a que de l’anglais dedans) et j’ai replongé avec plaisir dans ces morceaux de ma jeunesssseeee à jamais perdue. J’ai bien essayé de partager cet instant avec ma fille sans trop de succès je dois dire (ça confirme ce que je vous disais avec la nostalgie hein, faut pas chercher à raviver une quelconque flamme, ça vous coupe de la jeunesse).

Alors dans cette compil’ y a de tout, du bon (The Cure, Joe Jackson, Tears for Fears, Lloyd Cole, Captaine Sensible, the Style Council) et des morceaux qui ont fait nos étés (Level 42, vous vous souvenez le gars qui joue de la basse en la tenant presque sous son menton) et il y a cette pépite, ce morceau qui continue presque trente ans après à me coller des frissons c’est Don’t you (forget about me) de Simple Minds. Pas de souvenirs particuliers rattachés à cette chanson, juste l’émotion intacte quand la chanson commence.

Et finalement c’est ça qui est bon, l’émotion sans nostalgie aucune mais intacte et à chaque fois renouvelée (c’est beau hein). C’est pas tout mais faut que je vous laisse, je dois remettre des piles dans mon walkman.