Eddy Bellegueule Jolie mouette

J’ai fini Eddy Bellegueule

Eddy Bellegueule Jolie mouette

 

Eddy Bellegueule, un nom qui fleure bon le film des années 50, un blaze digne d’un film d’Audiard. Sauf que ça n’a rien à voir avec les Tontons flingueurs. Eddy est un jeune garçon qui vit en Picardie dans un milieu pauvre, pauvre financièrement, pauvre dans l’expression et enfermé dans un modèle où un homme doit être un dur, une femme doit faire des enfants et où l’homosexualité ne peut être tolérée.

Eddy lui fait tache. Parce qu’il n’aime pas le foot, parce qu’il roule des hanches quand il marche, parce ses mains s’envolent quand il parle. Il est pédé, tarlouze, tante, tous ces synonymes il les entend, dans sa famille et dans son collège.

Le livre est fort. Dès les premières pages où Eddy se fait cracher dessus par deux petites frappes au collège. Il se fera tabasser pendant des années, parce qu’il est pédé.

La violence est partout, dans le collège une violence physique et quotidienne, dans les mots et les insultes qui tombent, dans sa famille. Son père se bat quand il est ivre, se battre c’est aussi être un homme. La violence c’est aussi celle plus insidieuse des classes qui fait que comme le dit sa mère « Nous les petits on intéresse personne, surtout pas les grands bourges ». C’est aussi celle du boulot qui tue la santé, l’horizon limité à un boulot de caissière ou de femme de ménage. La violence d’une vie qui n’offre rien.

Toute la première partie du livre décrit le milieu dans lequel évolue Eddy. Dès les premières lignes le lecteur s’en prend plein la tronche en lisant qu’Eddy se fait cracher dessus. Le choc vient aussi du fait de réaliser que ça se passe maintenant.

Eddy essaie de coller à l’image que l’on se fait d’un homme dans son milieu, il espère changer, en vain. Il ne lui restera donc que la fuite, « à la ville » au lycée d’Amiens pour devenir lui-même, cet autre qui s’appelle maintenant Edouard Louis.

Le livre est un succès, il fait polémique également, il suffit de parcourir le net pour s’en rendre compte. On parle de sociologie, d’étude de milieu, comme si finalement tous les commentaires des « dominants », ceux qui ont l’éducation et l’expression découvraient cette misère et la jugeaient une fois de plus.

L’aspect sociologique n’est pas ce qui m’a le plus marqué, j’y ai surtout vu l’histoire d’un parcours, d’une échappée et d’une construction. La fuite se fait à la fin de l’ouvrage, l’ouverture vers un nouveau milieu, vers la tolérance ? Pas si sûr finalement, la dernière scène du livre, Eddy est au lycée « Alors Eddy, toujours aussi pédé ? » Les autres rient. Moi aussi. » La route est longue, pour Eddy / Edouard, il a changé de milieu mais il n’en reste pas moins pédé.

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